Le règlement d'urbanisme de Méribel n'a rien à voir avec le marché locatif, et pourtant il y est intimement lié. Lorsque la construction a repris après la guerre en 1946, le fondateur de la station, un colonel écossais du nom de Peter Lindsay, a collaboré avec l'architecte Christian Durupt pour établir une règle qui n'a pratiquement pas changé depuis : tous les bâtiments doivent être construits en bois, en pierre et en ardoise ; pas de béton, pas de tours. Cette règle a près de quatre-vingts ans, et c'est grâce à elle que Méribel n'a jamais connu les immeubles de grande hauteur qui ont défiguré plusieurs de ses voisines alpines dans les années 1960 et 1970.

Ici, le contrôle qualité n'a jamais été une réponse à la maturation du marché. C'était le principe fondateur. Ce qui se passe aujourd'hui, sur le marché locatif plutôt qu'au service d'urbanisme, c'est cette même rigueur qui trouve une nouvelle application.

Il y a eu une période, pas si lointaine, où pratiquement n'importe quel appartement des Trois Vallées se louait tout seul. L'explosion de la demande en montagne après le Covid était aveugle : un lit à quelques minutes d'une remontée mécanique trouvait preneur, quel que soit son état ou son gestionnaire. Cette période est révolue. Les opérateurs locaux décrivent désormais un marché plus sain et plus sélectif, où les tarifs s'inscrivent dans un véritable ajustement plutôt que dans un déclin.

Les étoiles comptent, mais pas comme vous le pensez

Cette évolution bénéficie désormais du soutien de la législation fiscale française, et pas seulement d'observations anecdotiques. En vertu de la loi Le Meur, entrée en vigueur en janvier 2025, toute location meublée de tourisme doit être officiellement enregistrée, et le traitement fiscal d'un bien dépend désormais de son classement officiel par étoiles : un bien locatif alpin classé et géré de manière professionnelle bénéficie d'un abattement fiscal bien plus généreux qu'un bien non classé. L'État a, en effet, tracé la même ligne de démarcation que celle que le marché avait déjà établie : entre un bien simplement disponible et un bien correctement géré et formellement reconnu comme tel. Notre partenaire de longue date en gestion locative, Emerald Stay, indique que les appartements sous gestion professionnelle affichent un tarif journalier moyen supérieur d'environ 36 % à la moyenne générale du marché, un écart qui tient bien davantage à l'entretien et aux services qu'à la superficie.

Image La Tarentaise, Méribel : appartements neufs avec conciergerie, piscine et espace bien-être

Cette distinction se manifeste au niveau des réservations individuelles, et pas seulement dans les moyennes. Les appartements à Méribel bien situés, offrant de véritables vues, soigneusement entretenus et bénéficiant d'une offre de services solide, conservent leur valeur locative et concentrent la demande sur eux. Le parc immobilier moins différencié, celui qui a profité des années de boom uniquement grâce à la rareté de l'offre, est la partie du marché qui absorbe aujourd'hui l'ajustement. Les appartements de petite et moyenne taille, en particulier, s'avèrent constituer la combinaison la plus résiliente entre rendement et stabilité, précisément parce qu'il s'agit du segment où la gestion professionnelle fait la différence la plus visible dans l'expérience client.

Avec les saisons, la taille compte

Cette même sélectivité commence à redéfinir le calendrier lui-même, et pas seulement le marché qu'il recouvre. Le mois de septembre à Méribel ne se comporte plus comme un simple prolongement de l'été ; d'année en année, il s'étend discrètement pour devenir une période d'activité à part entière, empiétant sur ce qui constituait autrefois plusieurs semaines de véritable fermeture hors saison. Ce changement passe facilement inaperçu car il se produit en marge plutôt que dans les chiffres phares de l'hiver, mais il modifie la donne pour tout bien immobilier conçu pour être mis en valeur, et pas seulement pour être occupé.

Un appartement bien conçu et bien présenté est celui qui est en mesure de capter ce mois supplémentaire. Les clients qui réservent en septembre choisissent un logement pour ses qualités intrinsèques – la luminosité, l'agencement et les finitions –, ce qu'une réservation en janvier, motivée par la proximité d'une remontée mécanique, exige rarement. Il s'agit là d'un autre type d'examen minutieux, qui récompense un autre type de logement : celui présenté avec le même soin dans ses photos et son entretien qu'une chambre d'hôtel, plutôt que celui qui se contente d'exister et d'attendre la neige. L'été, et le mois de septembre qui le prolonge désormais, a cessé d'être un simple complément touristique accessoire à l'activité de ski. Il est devenu une deuxième saison, plus modeste, avec ses propres normes, et sa propre prime pour les biens qui y répondent.

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Rien de tout cela n'est propre à Méribel ; c'est un aperçu de la direction que prend l'ensemble du marché locatif alpin, et de la voie dans laquelle la réglementation française l'oriente désormais. Un visiteur qui vient pour la première fois choisit un village. Un habitué, de plus en plus souvent, choisit un opérateur, et la loi commence à récompenser les opérateurs qui méritent d'être choisis.

Pour un acheteur, l'implication est discrète mais importante. Le code postal a toujours son importance : Méribel ne devient pas interchangeable avec un village moins connu plus bas dans la vallée, mais il ne suffit plus à lui seul. Peter Lindsay contrôlait la construction. C'est désormais le marché qui contrôle ce qui se passe à l'intérieur, et il est bien moins indulgent que ne l'a jamais été le service d'urbanisme.