ACTUALITéLe nouvel Ibiza des années 60 ?

Beach lifestyle au sud de Lisbonne : le regard de Lauren Holmes, rédactrice pour Athena Advisers

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Le nouvel Ibiza des années 60 ?

Beach lifestyle au sud de Lisbonne : le regard de Lauren Holmes, rédactrice pour Athena Advisers

Les vacances arrivent ! Cette semaine, je suis à Lisbonne – et c’est un très bon début. Trente minutes de route suffisent pour couper avec la vie urbaine.

Un vieux copain devenu restaurateur à New York se trouve être à Lisbonne avec sa femme, la plus cool des supermodels, et leur nouveau-né. Dans le calme d’une vallée de liège, ils ont loué une maison de campagne en pierres blanches repensée par la designer MonicaPenaguiao. Le lieu, situé à proximité du Parc national Arrábida, à 30 minutes du pont 25 de Abril de Lisbonne, est parsemé de lavande, de citronniers et de figuiers.

« Ça fait penser à Ibiza… Le vieil Ibiza, celui des années 60, avant l’arrivée des foules », commente mon ami pendant que nous faisons griller la pêche de l’étonnant marché de Setúbal, poisson frais et crevettes tigrées géantes à côté de courgettes recouvertes de ricotta. Nous dînons sous les figuiers avec des amis qui ont monté un des premiers hôtels de Tulum, hôtel qui, selon beaucoup, a lancé le chic qui y règne aujourd’hui. Musiciens branchés et visionnaires vivent maintenant à 45 minutes du pont, à Sintra, ville au microclimat connue pour ses châteaux emprunts de magie, ses forêts vaporeuses et ses plages de surfeurs.

Nous sommes tous d’accord pour dire que c’est le paradis ici. Nous aimerions que ce moment ne s’arrête jamais…

« C’est exactement le nord d’Ibiza, mais sans le hype. Regarde le port de Setúbal avec ces anciens entrepôts abandonnés. Ils pourraient très bien devenir de grands clubs ! »

« Mmmmm… Je le provoque un peu. Je crois que le problème (ou notre chance) ce sont les Portugais, surtout ceux qui vivent dans la petite ville côtière, Setúbal. Ce ne sont pas vraiment le type des grands clubs d’Ibiza. Mais sait-on jamais… »

Cela dit, il y a du vrai dans ce qu’il dit. J’annule donc mes projets encore incertains de vacances à Ibiza la semaine suivante et décide de les passer chez moi. De partir à 30 minutes de mon appartement de ville. Le lendemain, je les emmène explorer Comporta, qui est sur toutes les lèvres et sur la couverture de Conde Nast Traveller.  Si l’on veut du hype, on le trouvera à partir de Troia au nord et tout au long des 60 kilomètres de désert de sable doré qui font plus penser à Punta del Este, en Uruguay, qu’à l’Europe. L’aventure commence par un trajet en ferry pour traverser la baie de Troia, suivi de vingt minutes de voiture le long d’immenses dunes dorées. Nous déjeunons ensuite dans un restaurant de plage, un endroit chic appelé Sal’s, où les prix et l’allure de la clientèle se sont tous deux rehaussés depuis l’an dernier. On y retrouve des Américaines portant caftan et bague de diamants, un verre de vin blanc à la main, aux côtés de familles portugaises plus traditionnelles qui, elles, viennent depuis des décenies – et ont appris à réserver plusieurs semaines à l’avance en haute saison.

Après le déjeuner, nous nous dirigeons vers l’intérieur des terres pour un mini-festival organisé chez des amis dans leur propriété privé. Les invités sont des Lisboètes un peu artistes qui viennent camper pour le week-end dans des bosquets de liège et danser au son de DJs surplombant un lac. La vibe est parfaite : intimiste, mais pourtant bien électrique. Vers minuit, alors que le dance floor bat son plein, on se régale de mini pitas grillées sur un barbecue au feu de bois et préparées par le chef Vitor Adrão, du célèbre restaurant lisboète 100 Maneiras (un des meilleurs du monde en 2017 selon Monocle). « Comment êtes-vous arrivés là ? demande le Roi de la danse aux cheveux bouclés tout en servant du mezcal. On n’a pas vraiment l’habitude de voir des étrangers ici… »

Bien que cette sublime côte au sud de Lisbonne ne ressemble toujours pas à l’Ibiza que l’on connaît aujourd’hui, la fête, elle, est bel et bien présente. Un peu plus au sud, près de Melides, un ami musicien va jouer ce week-end dans un parc artistique semi-privé appelée Melides Art qui attire les musiciens electro et éclectiques de Lisbonne prêts à danser tout l’été. On parle d’hôtels et de projets, et pour l’heure, ceux-ci concernent surtout la terre. La côte, omniprésente sur les plans de développeurs. La décennie à venir verra du changement. Heureusement, les permis de construire ne s’obtiennent pas facilement, loin de là, et la plupart des terres, notamment le long des dunes, sont protégées. Espérons que les constructions n’aillent pas trop vite pour que le charme et la simplicité ne se perdent pas en chemin.

Mon avis ? Je vais bientôt me mettre à chercher une petite maison sur une colline pour m’installer sur la péninsule de Setúbal, près du Parc national Arrábida et des villages de Mecca, Sesimbra, Palmela et Setúbal. C’est un bon plan d’investissement immobilier : être proche des plages de sable blanc, de balades en montagne, du calme et de la beauté naturelle, tout en étant à une heure du quartier des affaires de Lisbonne. Contrairement à Cascais, sur la côte à 30 minutes au nord de Lisbonne et exposé à la brise de l’Atlantique, Setúbal, se trouvant à la pointe sud de la Costa Caparica, reste à l’abri. Un air de Méditerranée règne ici, ce qui suffit à satisfaire tous ceux qui ont un faible pour les Tropiques…