JOURNALZoom sur les dernières tendances : l’East-End de Lisbonne

En immobilier, les artistes ont souvent le nez fin : c’est bien connu, investir dans leur quartier de prédilection peut s’avérer fructueux.

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Zoom sur les dernières tendances : l’East-End de Lisbonne

En immobilier, les artistes ont souvent le nez fin : c’est bien connu, investir dans leur quartier de prédilection peut s’avérer fructueux.

En immobilier, les artistes ont souvent le nez fin : c’est bien connu, investir dans leur quartier de prédilection peut s’avérer fructueux. Leurs repaires à Lisbonne sont aujourd’hui Marvila, Xabregas, Beato et Braço da Prata, qu’on appelle l’East-End de Lisbonne.

Ces cinq dernières années, des galeries de premier plan comme Underdogs ou Galeria Francisco Fino ont ouvert leurs portes dans des entrepôts rénovés, et de nombreux studios ont été rachetés par des artistes et des architectes. D’autres hangars sont transformés en espaces de co-working ou en brasseries artisanales à proximité du Tage, où grues et conteneurs donnent l’impression que les docks fonctionnent toujours à plein régime.

C’est le petit bar à cocktails, Capitão Leitão, tenu par l’Anglais Will Grant et sa femme portugaise Viviane, qui a remporté le prix Time-Out du Best Newcomer Bar en 2017 ; sans oublier Ela, un collectif rassemblant les créas les plus avant-gardistes de la ville qui organise des soirées ultra-hype dans le plus grand des secrets afin de célébrer l’effervescence du quartier montant de Lisbonne.

Les invitations sont envoyées via un groupe Facebook privé dont les membres sont triés sur le volet. Détrompez-vous, ce n’est pas un groupe élitiste, mais bien un projet fédérateur qui réunit toutes les personnes contribuant réellement à l’essor de cette zone.
Les créas et entrepreneurs étrangers qui cherchaient un endroit pour concrétiser leurs ambitieuses idées ont choisi d’y élire domicile, comme le designer de meubles français Romain Jeantet ou l’entreprise agricole française Gro-Ho. Tous les samedis, le quartier attire ainsi les amateurs de déco vintage dans le célèbre entrepôt Cantinho do Vintage.

On pourrait définir Marvila comme le Meatpacking District ou le Shoreditch en devenir de Lisbonne et en rester là. Mais au risque d’en déplaire aux locaux !

L’artiste contemporain portugais de renom Tomaz Hipolito, qui a acheté son studio à Marvila il y a cinq ans, constate une évolution du quartier. Alors que les prix demeurent en dessous de la moyenne de la capitale, oscillant entre 1 634 € et 2 865 € du mètre carré, les artistes émergents n’ont déjà plus beaucoup d’endroits où aller… les promoteurs ont en effet racheté de nombreux biens pour les transformer en loft ou en espaces de co-living, afin de répondre aux besoins des créas nomades qui envahissent les espaces de co-working comme le Lisbon WorkHub.

Les chantiers n’ont pas commencé et tout semble encore possible dans l’East-End de Lisbonne, quartier débordant d’énergie créative, mais sans identité claire. La rue principale de Marvila, Rua do Acucar (la rue du Sucre), est bien plus calme qu’on ne l’imagine. Un peu de tranquillité peut être ressourçant dans notre monde aseptisé, mais vous risquez d’être livré à vous-même si vous voulez connaître tous les secrets de ce nouvel East-End ! Selon Tomaz, il ne faut surtout pas que Marvila devienne un autre Meatpacking District. « À New York, on ne trouve plus aucune boucherie dans le Meatpacking District… il n’y a plus que des boutiques tendance et des cafés super chers. Le quartier a totalement perdu son âme, son charme d’autrefois. » Rassurez-vous, pour l’instant, sous l’œil attentif des artistes lisboètes, l’embourgeoisement de Marvila semble encore bien loin…