JOURNALD’une plateforme mondiale à Powder Mountain

Courtney Boyd Myers, Global Community Director des Summit Series, nous révèle comment établir une communauté mondiale.

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D’une plateforme mondiale à Powder Mountain

Courtney Boyd Myers, Global Community Director des Summit Series, nous révèle comment établir une communauté mondiale.

Les Summit Series, ça ne vous dit rien ? Vraiment ? Et pourtant… Alors que l’impact international des Summit Series prend de l’ampleur ces dernières années, ils sont devenus aux États-Unis un événement annuel incontournable et convoité des créateurs d’entreprise, philanthropes, techos, entrepreneurs ou autres créatifs depuis 2008. À l’époque, les cofondateurs Elliott Bisnow, Brett Leve, Jeff Rosenthal, Jeremy Schwartz et Ryan Begelman organisaient des rassemblements à Park City, dans l’Utah, qui réunissaient leurs divers réseaux tout en favorisant les échanges et l’entraide entre entrepreneurs en herbe. 5 ans plus tard, 3 000 personnes se retrouvaient sur un bateau de croisière au large de Miami ! Au fil des éditions, la profondeur et la diversité de leurs intervenants, le prestige de leurs participants triés sur le volet et l’effet waouh se sont développés. Et ne parlez surtout pas d’événement de networking ! Les Summit se qualifient plutôt de plateforme mondiale, d’espace créatif où interviennent des personnalités provocatrices et innovatrices, afin d’inspirer sa communauté progressiste à se bouger et à réinventer ses relations, son business et le monde avec de nouvelles perspectives. Face au succès et à la force de la communauté créée, l’équipe a lancé une campagne de crowd-funding afin d’acquérir Powder Mountain en 2012, un domaine de ski de plus de 4 000 hectares dans l’Utah. Sous la forme d’un complexe résidentiel, ce pied-à-terre offre à la communauté des bases tangibles pour explorer ses idéaux.

Alors que Courtney Boyd Myers, Global Community Director, est dans la dernière ligne droite de la préparation des Summit Series 2017, qui ont lieu cette année dans le centre-ville de LA, elle nous révèle les secrets du succès des Summit Series et les prochaines étapes.

Quelle est votre expérience des Summit ?

J’ai participé à mon premier Base Camp des Summit Series en 2011… et j’ai littéralement adoré ! C’est un lieu de rencontres et une grande source d’inspiration. Quand j’ai rejoint l’équipe comme Community Director en 2014, l’objectif était de leur faire profiter de mon réseau européen et d’assurer un bon équilibre démographique hommes/femmes. Je suis aujourd’hui Global Community Director et mon rôle est de rencontrer du monde, de les inviter à nos événements ou de leur proposer de venir nous voir à Powder Mountain.

Quels sont vos critères de sélection ?

Nous cherchons des fondateurs, innovateurs, scientifiques ou philanthropes, mais surtout des gens qui ont à cœur de rendre le monde meilleur. Il faut aussi que nous ayons envie de passer du temps avec eux, donc nous aimons nous entourer d’écrivains, de musiciens et d’artistes…

Et en termes de chiffres ça donne quoi ?

Nous avons mis en place un réseau d’environ 10 000 personnes au cours de la dernière décennie. La semaine prochaine, nous en accueillerons 3 500 dans le centre-ville de LA dans le cadre de notre rassemblement annuel.

Ces 3 dernières années, les Summit Series avaient lieu sur un bateau qui voguait dans les Caraïbes, au large de Miami… pourquoi ce changement ?

Je n’ai rien contre une croisière avec 3 000 fantastiques personnes… mais en repassant sur la terre ferme, notre marge de manœuvre est bien plus grande en termes de structures artistiques et d’inventivité. C’est aussi bien plus facile côté programmation : pour les 3 dernières éditions, beaucoup d’intervenants ont dû décliner à regret car ils ne pouvaient pas se permettre de passer 3 jours sur un bateau… L’affiche cette année est d’ailleurs exceptionnelle !

Et quelle est exactement la place de Powder Mountain, le domaine de ski de plus de 4 000 hectares acheté par les Summit Series en 2012 ?

L’acquisition de Powder Mountain s’est faite grâce à une campagne de crowd-funding… une première mondiale ! Notre réseau nous a permis de lever 50 millions de dollars US afin d’établir un pied-à-terre permanent pour nos membres. Nous rêvions de construire une ville incarnant toutes les valeurs de nos événements : le sens de communauté, la co-création et la collaboration, ainsi que les débats autour de la musique, de l’art, du bien-être, de la politique et de l’environnement. Notre approche se focalise également sur la création, le contenu, avec la participation de merveilleux chefs et artistes. Les gens qui assistent à nos rencontres viennent ensuite à Powder Mountain, certains y achètent même des logements. Tout se combine à merveille.

Comment les choses ont-elles évolué ces dix dernières années ?

Tout a commencé avec une bande de vingtenaires qui recherchaient des mentors et voulaient rassembler leurs amis autour d’une petite fête, avec, en prime, des intervenants de choix. Et, en à peine dix ans, ces soirées sont devenues un des festivals d’idées les plus prééminents au monde. La communauté a mûri dans son ensemble. L’approche est de plus en plus activiste et nous visons toujours plus haut : Jeff Bezos, PDG d’Amazon, est à l’affiche cette année ! Même si nous continuons d’inviter des jeunes, nos membres de base commencent à avoir des enfants, à se poser et à pouvoir acheter une maison secondaire. Nous rêvons de créer un environnement où ils peuvent venir skier en famille et avec leurs parents, tout en rencontrant d’éventuels collaborateurs et des personnes qui les inspirent.

Quel type de profils investissent à Powder Mountain ?

Actuellement, environ 25 % de notre communauté n’est pas américaine et ce taux ne cesse d’augmenter. Nous n’en sommes qu’à l’étape 1 ou 2 sur les 6 de notre plan de développement résidentiel ; les 8 premières maisons viennent d’être lancées et le village principal est en construction. C’est le plus vaste projet de station de ski de l’histoire des États-Unis ! Nous sommes ravis de proposer quelque chose de nouveau, loin du bling-bling des plus célèbres stations du monde.

La vie en communauté est une tendance planétaire. Les gens se sentent isolés dans les grandes villes, souhaitent plus de nature, d’espace, mais sans vouloir pour autant se mettre à l’écart de la société. Finalement, c’est comme une maison de retraite mais pour les plus jeunes ! Nous avons commencé à conseiller des membres de notre communauté qui aimeraient dupliquer notre concept à Tulum et dans le nord de l’état de New York.

Des intervenants qui sortent du lot selon vous ?

Le premier auquel je pense est Wim Hoff, surnommé Iceman, qui a mené une expérience sur la respiration. Sa session était pleine à craquer et a eu de grandes répercussions : j’étais par exemple avec un ami hier soir qui, après avoir assisté à son workshop, dépense aujourd’hui 90 $ par semaine sur la glace ! Brian Grazer était aussi mémorable : il a exploré le lien entre curiosité et créativité, qui font partie de nos valeurs de base ; sans oublier John Legend ou Harry Belafonte qui sont intervenus sur la justice sociale.

Constatez-vous un regain d’activisme et d’engagement social au vu des récents événements mondiaux ?

Oui. Sans conviction, vous n’êtes rien. Nous essayons d’être bipartites afin de plaire au plus grand nombre… les Républicains sont bienvenus mais nous sommes plutôt de gauche. Nous fournissons une plateforme pour stimuler les échanges et encourager les gens à se connecter et à prendre les choses en main… les manifestations contre le projet du pipeline Dakota Access, près de la réserve sioux de Standing Rock, en sont l’illustration parfaite. Beaucoup d’entre nous y ont participé, ont installé des tentes presse, rassemblé des soutiens sur Facebook, fait bouger les choses via leurs propres jobs et connexions. Nous fournissons la plateforme et laissons la communauté agir.

Diriez-vous que la croissance de la communauté se fait principalement de manière active ou naturelle ?

95 % de notre croissance se fait naturellement, par système de parrainage et grâce à notre équipe qui se bouge pour rencontrer du monde. Les 5 % restants sont des demandes reçues directement via notre site Internet.

Pourquoi aimez-vous tant votre travail ?

Pour être performante, je dois être sociable… Et j’adore découvrir de nouvelles personnes, de nouveaux endroits !