ALPES FRANçAISESHow I Live: Alpine Adventurer Squash Falconer.

Lifestyle : Squash Falconer, aventurière de l'extrême, nous parle de sa vie dans les Alpes, à la conquête du Mont-Blanc et à la poursuite de ses rêves.

ALPES FRANçAISES

How I Live: Alpine Adventurer Squash Falconer.

Lifestyle : Squash Falconer, aventurière de l'extrême, nous parle de sa vie dans les Alpes, à la conquête du Mont-Blanc et à la poursuite de ses rêves.

Squash Falconer roule de Londres aux Alpes sur sa BMW

Nous appelons Squash Falconer, aventurière et présentatrice professionnelle, chez elle à Tignes. Elle s’apprête à partir pour une randonnée à ski au Svalbard. Archipel norvégien au large des côtes nord de Russie, le Svalbard est un des endroits les plus sauvages et reculés au monde. L’été, le soleil brille 24 heures sur 24 et les conditions sont optimales pour remonter les pentes skis aux pieds avant de les redescendre, ou encore faire la traversée sur un chalutier. Quel bonheur d’explorer la beauté de ces terres intactes et de s’aventurer sur le territoire des ours polaires ! « Ce voyage a une résonance toute particulière pour moi », s’amuse Squash.

Ambassadrice des randonnées à ski pour Salomon, Squash compte parmi les meilleures aventurières au monde : en 2009, elle a signé un de ses plus grands exploits en traversant les Alpes à moto, grimpant jusqu’au sommet du Mont-Blanc avant de rentrer en parapente. Son parcours étonnant est la preuve de sa détermination sans bornes et de sa confiance en soi ; ancienne organisatrice d’événements, elle est aujourd’hui alpiniste, présentatrice, parapentiste et casse-cou professionnelle. Elle partage de plus en plus son temps entre ses aventures alpines extrêmes et ses conférences sur la motivation : elle explique à des grands patrons ou des jeunes élèves comment ignorer cette petite voix qui répète « n’essaye même pas, c’est impossible ! ». La saison prochaine, elle prévoit de nouvelles randonnées dans les Alpes, pour des skieurs de différents niveaux avec FreeFlo.

LA DECISION QUI A CHANGE SA VIE : « Je devais aller à l’université mais j’ai changé d’avis à la dernière minute pour passer une saison de ski dans les Alpes. J’avais déjà un peu skié mais jamais là-bas et j’ai tout de suite adoré ces montagnes. J’étais hypnotisée par le Mont-Blanc et ai toujours été attirée par ce sommet mythique… sans pour autant imaginer qu’il jouerait un rôle si important dans ma vie.

SE DEPASSER : J’ai commencé les courses de l’extrême par celles de la Royal Navy à Tignes puis l’Endurance Race de Salomon, où s’affrontent des équipes de 4 personnes. Au moins une personne de chaque équipe doit courir en permanence. On enchaîne la course à pied, le kayak et le ski pendant 36 heures d’affilée. Une révélation… j’ai adoré. C’est merveilleux d’atteindre ses limites et de sentir qu’on peut les dépasser.

SAVOIR ECOUTER SES LIMITES : Des amis qui travaillaient dans les Alpes m’ont initiée à l’alpinisme. Mon premier sommet, l’Aconcagua en Argentine, était, du haut de ses 7 000 mètres, un gros challenge pour commencer. Après, je me suis attaquée au Mustagh Ata en Chine, qui s’élève à 7500 m d’altitude. Nous étions les premières Britanniques à gravir cette montagne avec nos snowboards, mais plus nous grimpions, plus les conditions empiraient. Alors que nous approchions du sommet, nous avons décidé de faire demi-tour… et c’est là que j’ai compris que je savais écouter mes limites, ravaler ma fierté et rentrer plutôt que d’aller droit dans le mur.

CROIRE EN SES REVES : Même si je ne vivais que pour l’alpinisme et les sports d’aventure, je continuais d’organiser des événements sans savoir comment faire de ma passion un métier. Nous avions commencé à filmer nos excursions et un de mes amis avait remporté un prix pour un film que nous avions tourné ensemble. Des copains qui travaillaient dans le milieu m’ont alors suggéré de commencer à documenter moi-même toutes mes aventures. J’ai ainsi eu l’idée de traverser les Alpes en moto, puis de grimper au sommet du Mont-Blanc et de descendre en parapente, en filmant chaque étape. Un ami qui m’avait appris à faire du parapente voulait m’accompagner (il va avoir 70 ans cette année… et a gravi le Mont-Blanc pour la première fois il y a presque cinquante ans !) « Ok, on attaque en septembre », m’a-t-il dit. Je voulais réaliser un documentaire donc j’ai contacté la BBC et BMW et tout s’est accéléré… quatre jours après, BMW me prêtait une moto et la BBC une caméra. Ils ne pouvaient pas me faire une offre comme le programme présentait trop de risques, mais se sont engagés à visionner les images… et ils ont fini par me les acheter ! Les mauvaises conditions climatiques nous ont forcés à réitérer 3 fois l’ascension, qui nous a pris au final 2 jours, et 22 minutes de descente. Contre toute attente, j’étais la première Britannique à m’envoler du sommet du Mont-Blanc ! J’avais franchis un cap : j’ai compris que je pouvais vivre de ma passion.

VOIR LE BON COTE DES CHOSES : J’ai décidé de gravir l’Everest juste après mes 30 ans. J’étais célibataire et je pensais qu’après le Mont-Blanc, j’étais assez forte pour grimper en haut du plus grand sommet du monde et le descendre en parapente. Je me disais que c’était maintenant ou jamais. Je me suis entraînée des heures à Tignes en remontant les pentes avec 20 kilos sur le dos et en les redescendant à ski. J’ai contacté Salomon, Rab, BMW et Go Pro, des sponsors avec qui j’avais déjà travaillé, et j’ai emprunté pour couvrir les coûts restants. Nous avons bien atteint le sommet de l’Everest mais les conditions étaient malheureusement trop mauvaises pour redescendre en parapente ! Même si j’ai mis presque cinq ans à rembourser mon prêt, l’Everest est devenu un super sujet de conversation… et c’est comme ça que je me suis retrouvée à donner des conférences sur la motivation. Il n’y a rien de plus gratifiant que de parler devant un public : contrairement à un film, on peut interagir avec ses auditeurs. Même si c’est juste pour entendre « waouh, vous changez ma façon de voir les choses », ça vaut le coup ! Ce n’est pas vraiment de moi dont il est question, mais plutôt de la manière dont je peux aider les autres à penser et à rêver… les enfants notamment, que je trouve plus réceptifs car ils n’ont pas d’idées reçues

VIVRE DANS LA MONTAGNE : Entre mes différentes obligations à travers le monde, j’ai toujours ressenti le besoin de revenir en montagne. Je suis émerveillée par la beauté des paysages et la sérénité que l’ont ressent en altitude… des conditions idéales pour les entraînements intensifs ! Nous avons décidé de quitter Londres l’année dernière pour vivre à Tignes toute l’année. Étant devenue ambassadrice pour des marques lifestyle de ski et d’aventure, c’était finalement dans la logique des choses. Nous louons pour le moment un chalet à Tignes mais cherchons à acheter un terrain à Tignes Les Brévières pour faire construire notre maison. En fait, je ne suis pas particulièrement attachée à cet endroit… je crois que je serais heureuse dans n’importe quelle montagne !

LE SKI DE RANDONNEE : C’est un sport en plein boom, idéal si vous voulez échapper à la foule et vous entraîner sans gros risque de blessure. Tignes offre de nombreuses possibilités de hors-piste sans remontées mécaniques et personne à perte de vue… l’endroit parfait pour monter et descendre des pentes tranquillement et passer une nuit dans un refuge. La saison prochaine, nous lançons nos premières expéditions sur trois à cinq jours, en collaboration avec Snow & Rock et un guide local et instructeur professionnel Floss de FreeFlo. Nous proposerons des parcours de différentes difficultés, adaptés aux skieurs de niveau intermédiaire à avancé. Pour en savoir plus sur l’expérience de Squash ou la contacter directement.

SES ENDROITS FAVORIS DANS LES ALPES : Ma station de ski favorite est Tignes Les Brévières, un joli village à proximité du domaine Espace Killy. Mon refuge préféré est le Palet sur le Col du Palet. Proche des remontées mécaniques, il est ouvert en été et en hiver. C’est l’endroit idéal pour faire une pause pendant une randonnée, pour déjeuner ou passer une nuit dans un des confortables dortoirs. Côté bar… l’Underground à Tignes le Lac bien sûr : ma sœur vient de l’acheter ! Et côté gastronomie, je dirais sans hésiter L’Armailly, un charmant restaurant français qui sert de délicieux poissons, viandes et fondues depuis quinze ans. Chaleureux, traditionnel et de qualité, c’est une valeur sûre ! »