ALPES FRANçAISES350 million euro investment to put one of France's first ski resorts back on top

Face à la hausse de la demande, l'Alpe d'Huez lance un programme de 350 millions d'euros pour des travaux de rénovation. Un tel investissement est-il suffisant pour relancer une des premières stations françaises ?

ALPES FRANçAISES

350 million euro investment to put one of France's first ski resorts back on top

Face à la hausse de la demande, l'Alpe d'Huez lance un programme de 350 millions d'euros pour des travaux de rénovation. Un tel investissement est-il suffisant pour relancer une des premières stations françaises ?

Lucille Pine - Alpe d'Huez

L’année dernière, Noël à l’Alpe d’Huez a été encore plus festif que d’habitude. Après 10 ans de discussions, le maire Jean-Yves Noyrey a finalement réussi à faire approuver un plan de 350 millions d’euros d’investissement pour l’une des plus grandes stations de ski françaises.

Village d’altitude aux pistes ensoleillées orientées sud, l’Alpe d’Huez accueille ses premiers skieurs en 1902 et devient rapidement une des plus importantes stations de ski d’Europe jusqu’à l’émergence dans les années 80 de destinations à la mode spécialement conçues pour le ski comme Val Thorens, Les Menuires ou Les Arcs. Afin de conserver sa longueur d’avance, l’Alpe d’Huez s’applique à étendre son grand domaine skiable, qui compte aujourd’hui parmi les plus étendus d’Europe, proposant une gamme de pistes allant des noires très techniques pour les skieurs expérimentés aux vertes plus douces pour les débutants. Étape fréquente du Tour de France, le village s’est mué en une destination célèbre dans le monde entier en été comme en hiver. Toutefois, les services et les installations n’ont pas été toujours rénovés et les standards de la station ne répondent plus aux exigences 

Dans un tel contexte, le plan de développement est particulièrement bienvenu et devrait permettre de révéler son potentiel : un lifting complet incluant le revêtement des routes, plus de façades en bois et de toits à deux pentes, des parkings souterrains et la construction de nouveaux quartiers. Pour les skieurs, une des pierres angulaires du projet est la liaison avec le domaine skiable des 2 Alpes d’ici 2021 via une télécabine. L’objectif est de créer un méga domaine de 475 km de pistes, plus grand que l’Espace Killy de Tignes et Val d’Isère, et de devenir le troisième plus grand domaine skiable des Alpes françaises.

Malgré les travaux d’envergure à venir, la communauté locale est enthousiasmée par ce projet. « Nous sommes ravis », explique Patricia Grelot Collomb, directrice du plus grand hôtel de la station, Les Grandes Rousses et arrière-petite-fille du premier hôtelier de l’Alpe d’Huez. « Mon arrière-grand-père était le premier à proposer des chambres aux pionniers du ski à arriver à l’Alpe d’Huez en 1902.Son histoire est extraordinaire. Orphelin, il élevait des chèvres et venait en ville pour lire et écrire des lettres pour les villageois tout en vendant du vin. Il économisa suffisamment pour obtenir une licence et ouvrir le premier café avec une chambre à côté des écuries chauffée par les chèvres, pour proposer un endroit à dormir aux skieurs ! Il a créé par le suite le premier hôtel de l’Alpe d’Huez. » Son fils, le grand-père de Patricia, avait le même esprit entrepreneurial : maire du village, il a initié la construction lors d’un de ses mandats de la route entre l’Alpe d’Huez et d’Huez, et a lancé Satar, l’entreprise qui gère aujourd’hui les remontées mécaniques de la station. 

Pour répondre à la demande croissante de services de luxe de la part de ses clients internationaux, Patrica a considérablement investi dans la rénovation des Grandes Rousses depuis qu’elle en a repris la direction en 2012. L’hôtel, qui est passé de 3* à 4*, propose ainsi aujourd’hui une piscine et un spa. Elle projette d’ajouter 45 chambres supplémentaires dans les années à venir. « Les hôtels de luxe sont aujourd’hui rares à l’Alpe d’Huez et la demande ne cesse d’augmenter. Cette station d’altitude propose une gamme fantastique d’installations. »

Un des atouts qu’elle met en avant est la sophistication des équipements de ski, avec notamment des canons à neige de 3 350 m à 1 200 m qui permettent aux skieurs de profiter de pistes enneigées de début décembre à mi-avril, une longue saison dont peu de stations peuvent se targuer. « La station accueille une toute nouvelle clientèle ». explique Patricia, « Des touristes russes, chinois et du Moyen-Orient créent une nouvelle démographique et sont plus exigeants en termes de luxe et de qualité de services. C’est un véritable moteur pour les hôtels et le marché immobilier local. »

Un tel investissement au niveau des infrastructures devrait avoir un impact significatif sur le marché immobilier. « Les prix augmentent déjà depuis quelques années, mais la tendance devrait s’accélérer avec l’avancée du projet. » En parallèle du lancement de trois nouveaux hôtels, dont un établissement 5*, quelques projets immobiliers répondront à la demande haut de gamme, alors que, selon Patricia, l’investissement municipal permettra aux skieurs de chausser leurs skis directement de la plupart des logements d’ici les trois prochaines années. D’autres mesures seront mises en place, comme l’octroi de prêts intéressants aux propriétaires actuels pour rénover leurs biens. 

Pour le directeur de l’Office de Tourisme François Badjily, l’objectif est de faire de l’Alpe d’Huez une station piétonne, avec plus d’arbres, moins de voitures, une empreinte carbone réduite et une qualité de vie supérieure. Mais pour les locaux, ce qui minimise l’ampleur des travaux est la création de 500 nouveaux emplois. « Un argument décisif ! », ajoute Patricia en souriant. 

Immobilier Alpe d'Huez - Journal Athena